Qu’est-ce que le syndrome post-polio ?

Le syndrome post-polio, ou SPP, est un trouble non contagieux qui affecte les nerfs et les muscles. Il survient chez les survivants de la polio des années après l’infection, parfois jusqu’à 30 ou 40 ans plus tard.

La polio est une maladie contagieuse issue du poliovirus. Les causes de la polio sont le contact avec des selles infectées, des gouttelettes de toux ou d’éternuement, ainsi que des aliments et de l’eau contaminés. Le virus affecte le système nerveux et provoque des maux de tête, des symptômes grippaux, une raideur du cou et du dos et une paralysie.

Le vaccin contre la polio prévient cette maladie et l’a éradiquée dans la plupart des pays du monde.

Quelles sont les causes du syndrome post-polio ?

Il existe quelques théories sur les causes du syndrome post-polio, mais la cause exacte est inconnue.

Le virus de la polio attaque les cellules nerveuses appelées motoneurones dans la moelle épinière et le tronc cérébral. Ces cellules transmettent des informations de votre cerveau à vos muscles et leur ordonnent de bouger. Le poliovirus détruit certaines de ces cellules, mais les nerfs qui survivent sont hypertrophiés et fabriquent de nouvelles fibres nerveuses, de sorte que la plupart des personnes peuvent récupérer et retrouver le mouvement.

On pense que ces nerfs et fibres récupérés sont surmenés par le stress lié à des années de mouvement et qu’ils se dégradent avec le temps. Cela pourrait également être dû au fait que votre système immunitaire attaque vos propres tissus, mais les chercheurs n’en sont pas certains.

Vous finissez par perdre votre force musculaire et vous pouvez avoir des périodes de stabilité mélangées à des périodes de faiblesse qui s’aggravent.

Quels sont les symptômes du syndrome post-polio ?

Le SPP affecte vos nerfs et vos muscles, généralement dans la même zone que celle qui a été initialement touchée. Le principal symptôme est la faiblesse musculaire, mais la gravité peut varier. Certaines personnes n’ont que des symptômes mineurs, tandis que d’autres présentent une faiblesse et un rétrécissement musculaires graves.

Les autres symptômes du syndrome post-polio sont les suivants

  • Fatigue
  • Douleurs musculaires
  • Douleurs articulaires
  • Problèmes de sommeil
  • Sensibilité au froid
  • Chutes fréquentes

Si vous avez eu une poliomyélite bulbaire, qui affecte les nerfs qui mènent aux muscles de la mastication et de la déglutition, vous risquez d’avoir à nouveau des problèmes avec ces muscles lors du syndrome post-polio. Les symptômes sont les suivants

  • Difficulté à avaler
  • Difficultés de mastication
  • Pneumonie par aspiration, lorsque vous inhalez de la nourriture dans vos poumons, ce qui provoque une infection pulmonaire.
  • Déshydratation
  • Malnutrition

Parfois, les muscles respiratoires peuvent également s’affaiblir, ce qui peut entraîner des problèmes respiratoires. Vous pouvez avoir des difficultés à tousser ou à respirer profondément, ce qui peut provoquer une accumulation de mucus et de liquide.

Existe-t-il des facteurs de risque pour contracter le syndrome post-polio ?

On ne sait pas exactement combien de survivants de la polio ont ou pourraient avoir le SPP. Certains facteurs peuvent augmenter votre risque, notamment

L’âge auquel vous avez eu votre première polio. Si vous avez eu la polio alors que vous étiez enfant, vous êtes moins susceptible de contracter le SPP que quelqu’un qui l’a eu à l’adolescence ou à l’âge adulte.
La gravité de l’infection par la polio. Si vous avez eu une polio sévère, vous êtes plus susceptible de contracter le SPP.
Récupération majeure. Une guérison importante de la polio peut entraîner un SPP, probablement en raison d’un stress plus important sur les nerfs récupérés.
Beaucoup d’exercice. Puisque l’on pense que le stress des nerfs est à l’origine du SPP, un entraînement intense peut augmenter le risque.

Quel est le traitement du syndrome post-polio ?

Il n’existe pas de remède pour le SPP, mais un traitement peut améliorer vos symptômes. Le SPP peut fortement perturber votre vie, l’objectif est donc de trouver des moyens d’améliorer votre vie quotidienne.

L’exercice est un traitement clé, car il peut renforcer la force musculaire et ralentir la faiblesse musculaire. Les exercices de faible intensité qui ne fatiguent pas vos muscles, comme la natation ou l’aquagym, sont les meilleurs, mais un kinésithérapeute peut vous aider à trouver les bons exercices.

La surutilisation des muscles entraîne fatigue, douleur et faiblesse, et il est courant de se sentir plus mal après l’activité. Vous devrez respecter votre rythme, faire des pauses régulières et vous reposer pendant la journée.

Les autres traitements du syndrome post-polio comprennent

  • Les analgésiques
  • Anti-inflammatoires
  • Médicaments antidouleur délivrés sur ordonnance
  • Médicaments contre l’épilepsie pour les douleurs nerveuses
  • Aides au mouvement comme une canne, un déambulateur, une orthèse ou un fauteuil roulant.
  • Médicaments contre la fatigue
  • Ergothérapie pour apprendre des techniques d’auto-assistance et de vie quotidienne adaptées.
  • Orthophonie pour les problèmes de déglutition
  • Appareil respiratoire à pression positive
  • Soutien émotionnel et mental

Des ajustements du mode de vie peuvent également vous aider à rester en bonne santé et à gérer vos symptômes. Vous pouvez :

  • Rester au chaud pour éviter la fatigue des muscles
  • Avoir un régime alimentaire sain
  • Garder un poids santé
  • arrêter de fumer
  • Réduire votre consommation de caféine
  • Traitez rapidement les virus de la toux et du rhume pour protéger vos poumons.
  • Adaptez votre domicile pour éviter les chutes

Perspectives

Dans la plupart des cas, l’espérance de vie du syndrome post-polio est bonne. Le SPP met rarement la vie en danger, bien que les symptômes puissent varier de légers à graves. Si vous êtes atteint du SPP, demandez à votre médecin comment gérer votre état.

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